4ème journée de championnat pour le XV

Le Xv d'Abbeville s'est incliné dimanche dernier 24/05 contre Leforest, équipe fraichement descendue du 2ème série.
Après avoir ouvert le score par un essai en début de 1ère mi temps les Abbevillois n'ont pas su reconcrétiser avec l'en but adverse malgré de nombreuses perçées stoppées à 50 centimètres de la ligne d'essai. 
Je tiens à saluer notre 15, Yohann qui après un KO technique à quitté prématurément le terrain pris en charge par les pompiers pour subir des examens de contrôle a l'hopital .

Prochain match le 06 Novembre, le XV d'Abbeville se déplacera à Vervins

 

la balle

La balle, le joueur, la main

Dans maint sport de balle, on dit que la balle circule. Quelle pauvreté ! Au rugby, la balle ne fait pas que circuler. On la serre contre soi comme un objet chéri, cette « balle en forme d’Enfant Jésus ». On la pose délicatement comme si c’était un œuf avant de la taper en l'entourant de pâtisseries éphémères (petits talus en sable, en gazon - est-ce que la farine est autorisée ?) ou en recourant à un accessoire en plastique qui ressemble à un coquetier et que le Stade français apporte en grande pompe sur une petite voiture rose télécommandée (car c’est en marge du vrai jeu qu’on fait joujou, ce qui rappelle le jeu à son concept). Il arrive même, dans ces moments auxquels Eole participe malicieusement, qu’un partenaire s’allonge et pose un doigt stabilisateur sur son sommet, enfouissant la tête sous l’aisselle le plus loin possible du point d’impact. On la conserve à mi-corps dans les regroupements debout. On est obligé de s’en dessaisir le plus ostensiblement possible et vers l’arrière quand on est à terre. On l’écrase avec son corps pour marquer l’essai - on l' « aplatit », ce qui équivaut à une signature… On la suit des yeux quand elle s'envole entre les poteaux ou en chandelle. On l'attend au rebond difficile à prévoir. On la cueille, bras mains et poitrine en cuillère dans l'arrêt de volée. On l’introduit en mêlée dans un mystérieux « couloir » où il se passe et où il se dit, paraît-il, bien des choses !! On s'escrime en se poussant comme des bêtes pour la faire glisser du talon vers l’arrière, et dès qu'elle est sur le point de sortir, on détricote les jambes pour bien montrer qu'elle est là, à dix centimètres des doigts avides du demi de mêlée ; bientôt elle va passer des talons aux mains, de l’immobilité à l’envol, relayée dans une trajectoire dialectique comme celle des bateaux à voile : en arrière et sur le côté pour avancer.

La balle elle-même est un paradoxe, une chose inerte et une non-chose animée, à la fois ce qu’il y a de plus près et de plus loin, de plus fragile et de plus dur, de plus terrestre et de plus aérien, de plus rapide et de plus immobile, de plus caché et de plus visible. Son statut est multiple. Elle n’est pas un simple projectile qu'on envoie quelque part, ni un mobile que l’on manœuvre comme s’il était télécommandé. Un jeu de bistrot Baby rugby sur le modèle du Baby foot, avec des leviers, des tubes coulissants et des percussions fixes, est impensable. Pas moyen de mécaniser ce machin-là, et les choses non mécanisables il faut les faire soi-même à la main. C’est ainsi que je vois la main du rugbyman : la main n’est pas simplement un organe, mais surtout un schème, celui de l’opération humaine. Ce jeu est de ceux qu’il faut jouer « à la main » comme quand je fais un calcul à la main. Il ne suffit donc pas de dire qu'on joue au rugby avec les mains : c’est du fait main.



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